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Patrimoine-de-musique-arabo-andalouse

La musique arabo andalouse du Maghreb

Rédigé par Abdallah Bouchenak Publié dans #La musique arabo andalouse

La musique arabo andalouse du Maghreb

Docteur Abdallah Bouchenak Khelladi

Janvier 2015

Introduction :

La musique arabo-andalouse (arabe : الطرب الأندلسي), aussi appelée al moussiqa al andaloussia, gharnati, san'â, chaàbi, hawzi ou malouf en Algérie, al-ala ou al-andaloussi au Maroc, malouf en Algérie, Tunisie et en Libye est un genre musical profane, classique ou savant, du Maghreb, distinct de la musique arabe classique pratiquée au Moyen-Orient (ou Machrek) et en Égypte.

On entend par musique andalouse la musique originaire d’Al-Andalus, qui est le nom donné par les Arabes à la péninsule ibérique qu’ils occupèrent pendant sept siècles, du IX au XVème siècle, une forme particulière de la musique arabe s’épanouit dans les Cours de l’Espagne Musulmane durant lesquels ils organisent une vie de cour sous le règne de grands califes.

On la nomme aujourd’hui musique Arabo-Andalouse.

Après la chute de Grenade en 1492 et donc la fin de la présence arabe en Al-Andalus, de nombreuses familles trouvèrent refuge au Maghreb, véhiculant ainsi de l’autre côté de la Méditerranée un patrimoine culturel dont la musique constitue une identité très influente. Après 1609, date de l'expulsion définitive des « Morisques », le Maghreb, devient l'unique défenseur et continuateur de cette tradition musicale. Cette musique, originaire d’Al-Andalus, a continué de se développer au Maroc, en Algérie en Tunisie et en Lybie sous la forme de « noubas ». Ce style s’est ensuite répandu dans quelques autres pays du Maghreb et du Mashreq, lui conférant en chaque lieu, des caractéristiques propres.

La musique arabo andalouse est l'héritière de la musique chrétienne pratiquée en Espagne et au Portugal avant la Reconquista, de la musique afro-berbère du Maghreb et de la tradition musicale arabe transmise au IXe siècle de Bagdad (alors capitale des Abbassides) à Cordoue et Grenade grâce notamment à Abou El Hassan Ali Ben Nafi’ ou Zyriab, musicien brillant qui en créa à l’époque les bases, en composant des milliers de chants et en instituant le cycle des noubat, composées de formes poétiques tels le muwashshah ou le zadjal (qui furent l'une des sources des Cantigas de Santa Maria du roi Alphonse X de Castille, du flamenco et des troubadours). Cette musique aura également une influence sur la musique occidentale contemporaine, notamment sur les œuvres de Camille Saint-Saëns à la suite de ses contacts avec des musiciens Algériens, tel Mohamed Sfindja.

Zyriab est le disciple d’un grand maître de l’école des « Udistes ». Surpassant le talent de son maître, Ziryab est obligé de quitter Bagdad et se retrouve à Cordoue en 822. Ziryab est non seulement un musicien extraordinaire mais aussi un grand lettré, un astronome, un géographe... et un fin gourmet. On lui doit les plus importants fondements de la tradition du oud en Al-Andalus et l’élaboration du système musical des noubas qui a déterminé les formes, les genres et les modes pratiqués encore de nos jours.

La nouba se distingue de la wasla et de la qasida arabes tant par ses modes que par ses formes.

À sa suite, Abu Bakr Ibn Yahya Al Sayih, dit Ibn Bâjja ou (Avenpace), poète et musicien lui aussi, a mis au point l’accord du oud maghrébin, a perfectionné la nouba et a laissé un grand nombre de compositions.

C'est en 711 qu'arrivent les armées Maures avec leurs cultures. Tout 'abord, les Musulmans parviennent à occuper la majeure partie de la péninsule ibérique, mais dès 718, les souverains chrétiens entament la Reconquista, qui finira par l'élimination complète du royaume de Grenade en 1492 et l'expulsion finale des Maures en 1609. Du passage des musulmans, l'Espagne aura retenue une riche culture, un enrichissement linguistique, de nouvelles cultures et techniques agricoles, un raffinement architecturale, des marchés importants et des foyers d'études, ainsi que de grandes bibliothèques, qui favorisent l'épanouissement de la culture... La musique Arabo-andalouse est l'héritière de la musique chrétienne pratiquée en Espagne et au Portugal avant la Reconquista, et de la musique afro-berbère du Maghreb. L'art de cette musique a occupé apparemment une place dans la société lors de la Reconquista, malgré les faibles preuves existantes. Après la Reconquista, des inventaires sont rédigés pour conserver et fixer les Noubas, et l'histoire de la musique arabo-andalouse se prolonge en Egypte et au Maroc.

Cependant, les instabilités politiques de l’Occident Musulman firent décliner cet art avant son acheminement vers le Maghreb. En effet, les reconquêtes de certaines villes andalouses par les Rois Catholiques, telles que Cordoue en 1236 et Séville en 1249, poussent une grande partie des populations de ces cités à refluer, emportant ainsi leur savoir et leur savoir-faire vers l’Afrique du Nord. C’est notamment en 1492, lors de la chute de Grenade, considérée à cette époque comme l’un des plus grands foyers de culture musulmane, que le patrimoine musical de Ziryab et ses successeurs fut acheminé dans le désordre de la migration vers les cités importantes du Maghreb. Dans ces circonstances particulières, tout ce qui restait de l’univers musical savant né en Andalousie pendant l’Epoque Brillante (ou l’Age d’Or) n’a été recueillit que de bouche a oreille, et les Noubats, présentes uniquement dans la mémoire, ont donc voyagé de manière instable. Cependant, leur cheminement pu continuer grâce à d’anonymes relayeurs, mais c’est sans doute dans ce désarroi, que certaines partie importantes de l’héritage musical se sont égarées, puis perdues à jamais.

Suite à ces émigrations forcées, les réfugiés Andalous réussirent à faire de certaines cités telles que Fès, Tlemcen, Alger, Tunis, Tripoli… des foyers d’art et de culture.

De ces instables émigrations, se sont alors formées des Ecoles différentes, tirant leurs influences des trois Ecoles Andalouse principales : Cordoue, Séville et Grenade. On retrouvera alors au Maghreb l’Ecole Algérienne, l’Ecole Libyenne, l’Ecole Marocaine, et l’Ecole Tunisienne. Ces différences font alors dire aux connaisseurs que Tlemcen reçut l’héritage musical de Cordoue, Fès celui de Grenade, tandis que Tunis et Tripoli bénéficièrent de l’héritage de Séville.

La musique Arabo-Andalouse, repliée sur elle-même, vécu désormais du souvenir des splendeurs du passé, mais continua tout de même son chemin.

Le vingtième siècle est par excellence le siècle de cette musique: jamais ce répertoire n'a été tant joué enregistré, analysé. En effet, un très grand nombre de personnes s'intéressent qui soulève une problématique loin d'être épuisée. En outre, cette musique est devenue un vériable enjeu national, et fait partie de la conscience Arabe, puisqu'elle véhicule non seulement un enrichissement dût au cours du temps, mais possède aussi des proportions mythiques comme le rêve de l'âge d'or d'un brassement des peuples.

La musique arabo-andalouse développée en Espagne s'est propagée grâce aux échanges importants entre les centres culturels d’Andalousie formant trois grandes écoles dont se réclameront des centres culturels du Maghreb :

Les centres maghrébins de musique andalouse ont transféré le savoir-faire à d'autres villes du Maghreb. Il est à noter que dans une même ville pouvaient coexister plusieurs styles de musique arabo-andalouse.

Il y a deux écoles de Grenade : du XIIIe au XVe siècle, elles rivalisent avec les styles de Cordoue, Séville et Valence ; au XVe siècle, lorsque les arabo-musulmans se retirèrent elles héritent de leurs répertoires. D'après Al-Tifâshî, érudit tunisien du XIIIe siècle, les pôles musicaux andalous seraient plutôt : Cordoue, Saragosse et Murcie.

L'implantation maghrébine s'est accentuée avec les Morisques et les Juifs sépharades expulsés de l’Andalousie devenue catholique en 1492 lors de la Reconquista arrivant en masse en territoire maghrébin.

La musique arabo-andalouse, bien que reposant sur des règles très strictes, est une musique non écrite se transmettant oralement de maître à élève. Bien avant la chute de Grenade, de nombreux musiciens musulmans s'étaient repliés en Afrique du nord. La tradition musicale arabo-andalouse s'y est développée jusqu'à nos jours, particulièrement dans les villes ayant accueilli les réfugiés andalous (voir références et liens externes).

Il y a une différence entre la nouba « orientale », imprégnée d'éléments turcs, persans et même byzantins, et la nouba « occidentale », qui, elle, est restée intacte, telle qu'elle existait au Moyen Âge. Plusieurs siècles de présence ottomane dans certaines régions du Maghreb n'aurait, pas altéré certaines écoles de musique dite andalouse9.

Ce n'est qu'à partir du XVIIIe siècle que des corpus écrits par le Tétouanais Muhammed Ibn al-Hasan al-Hayik apparaissent, recueillant ce répertoire poétique menacé.

Le début du XXe siècle verra lui un recueil systématique par des transcriptions musicales ainsi que l'organisation de congrès internationaux organisés au Caire et à Fès. D'autres congrès suivront.

La musique arabo-andalouse, est d’abord appelée « al-ala » ou « al-andaloussi » au Maroc, « gharnati » ou « san'â » en Algérie, « malouf » en Tunisie et en Libye. Une importante source de chants constitue le corpus de ces « nawbat » (noubas) et sont composés sur des formes poétiques qui furent entre autres une des sources des « Cantigas de Santa Maria » du roi Alphonse X de Castille.

Cette musique repose sur des règles très strictes mais elle est au départ une musique non écrite se transmettant oralement de maître à élève. Ce n'est qu'à partir du XVIIIème siècle que des corpus écrits apparaissent, recueillant ce répertoire poétique menacé. Au début du XXème siècle, cette musique a fait l’objet d’un recueil systématique par le biais de transcriptions musicales.

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